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Poésie – Le Plafond, La Neige, Le Blanc d’oeuf et Le Brouillard – Blanc

(Tiens, un article)

Voici un quatuor de poèmes sur le thème du blanc, de l’invisible, et des banalités quotidiennes. (oui, tout ça réuni.) Chaque texte est associé à un morceau de musique qui sera indiqué sous le titre. Il est plus intéressant de les lire (à voix haute) avec les morceaux en fond sonore ! ;)
J’espère que ça vous plaira.

 

* * *

 

BLANC 

Le Plafond
(pour Lacrimosa de Mozart)

 

Il est tout blanc, immaculé
même
un peu jaunâtre
C’est la lumière qui fait cette impression.
Il y a une plaie, une fine plaie au milieu du désert
la peinture se décolle.

Une trace plus sombre lui fait face comme étalée sur la surface
de façon précipitée
je crois
que ce sont les restes délaissés de ce qui a dû être un insecte
écrasés dans un instant
de dégoût.

Il me regarde
et je suis allongée
juste en face de lui
loin
Si je me levais, je pourrais l’apercevoir de plus près.
Mais alors ses particules particulières deviendraient imperceptibles
pour ma pupille embuée.

 Je reste allongée.

 

La Neige
(pour Gymnopédie n°1 de Satie)

 

Calme
Calme
Comme une mer sans vagues
Peuplée uniquement d’écume

Je me penche
Je touche
C’est doux
C’est froid

Calme
Calme
Mes doigts ont gelé
et mes ongles deviennent des morceaux de glace 

Je respire
Mes poumons se remplissent d’air polaire
je ne sens plus mes orteils, plus mon nez, plus mes lèvres
mais le calme résonne

Pur
Immobile
Impassible

 

Le Blanc d’Œuf
(pour La Dispute de Yann Tiersen)

 

Dans le saladier se trouve une quantité incroyable
de mousse

Ca ressemble à de la mousse
du savon

Tu as plongé ton doigt dans cette mousse
puis tu as pris le saladier
et tu l’as retourné
La mousse n’est pas tombée

Tu as ri
doucement
tu t’es moqué de moi puis tu as versé la mousse
dans un autre saladier

Tu as tendu ton index mousseux vers ma bouche
J’ai glissé ma langue dessus et j’ai goûté
au blanc d’œuf.

 

Le Brouillard
(pour Sixty Eight de John Cage)

 

Je ne vois pas
Rien

Que le clair des nuages qui m’entourent
J’avance
Mais jamais je ne distingue
autre chose que la fumée blanche

Je m’arrête
Je recule
Rien

Trouble
Vapeur
Brouillard

Mes pupilles s’agrandissent et mes yeux pleurent
Rien
Je ne vois rien

La nuée qui m’englobe totalement
Epaisse
Finira par m’avaler toute entière

Et je ne peux pas me débattre
Car il n’y a rien que de l’air blanc autour de moi

Je n’ai rien à voir
Rien à toucher
Rien à sentir

Je ne peux que vibrer
Et le sentiment de panique laisse place à celui de la mélancolie

Mes membres s’engourdissent
Les larmes coulent sur mes joues
et demeurent la seule chaleur qui m’étreint
dans la
brume

 

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