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Poésie – Le Charbon, Les Abysses, Le Réglisse, Le Chapeau Melon – Noir

(Voici la deuxième partie, « Noir ». Écoutez la musique avec hein!! :D)

* * *

 

Le Charbon
(pour The Way We Ball by Lil Flip , remix de Crizzly)

 
Il dérape sous mes doigts
Il s’effrite
Son contact me picote
Mes mains deviennent moites

Des particules cassées, obscures,
S’envolent
Dans les airs alors qu’il gratte le papier

Je tousse
Le bout de mes doigts est recouvert de noirceur

Je sens le bruit anthracite qui frotte la feuille
Qui frotte dans mes oreilles
Qui frotte dans mon organisme

Tout devient noir lorsqu’il est mis en œuvre
L’air, la feuille, les doigts, les poumons
Le cœur

 

 

 

Les Abysses
(pour Sonate au Clair de Lune, premier mouvement de L. Van Beethoven)

Je coule
Dans une eau
Plus profonde
Que toutes les crevasses
Et toutes les entailles
Que la terre ait portées.

Je m’enfonce
Dans un océan
De noir
Et quand je tente
De remonter
L’eau m’engloutit
Avec une force extraordinaire.

La noirceur me pénètre
Je sens mes poumons se remplir
D’un goudron liquide
Et cuisant

Je m’engouffre
Et je sens que mon corps est alors
Plus lourd
Et même si je le pouvais
Je n’atteindrais plus jamais la surface

J’ouvre la bouche
Une dernière fois
Pour pousser un cri
Inaudible
Perdu dans l’abysse sombre

Et ma gorge est inondée d’eau noire
Qui repousse ma mâchoire
Jusqu’à ce qu’elle se brise

L’océan me boit comme un thé chaud à dix-sept heures.

 

 

 

Le Réglisse
(pour Mia and Sebastian’s Theme de Justin Hurwitz)

 
On m’a donné cette friandise
Toute noire
C’est la première fois que je vois une friandise noire.
Quel goût peut bien avoir une friandise noire ?

Elle est souple
Elle glisse
Elle s’enroule
Autour de ma langue
Et dépose sur mes papilles
Un parfum
De délice
L’anis

Le goût me caresse
M’enivre
Et le sucre
fond
Au fond
de mon œsophage.

C’est la meilleure chose que je n’ai jamais mangée.

 

Le Chapeau Melon
(pour On The Nature of Daylight de Max Richter)

 

Il est étendu
Sur ce coin de mur sombre
Il ne bouge pas.
Ca fait longtemps qu’il a arrêté de bouger

Il attend
Il regarde les ténèbres du trou béant
qui lui fait face
dans lequel s’efface
les trois cercles délavés
Livides 

Le morceau de feutre noir
Avachi sur le trottoir
Est encore
Plus terne
Plus sale
Plus troué que lui

Pas un regard
Ne l’atteint jamais
(Il est trop effrayant)
Seulement
Ce galure sans allure
Sordide
Et mort

  

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