Lorsque l’éclair frappait – Saynète

Bonsoir ! Je reviens après ma longue absence avec du théâtre!! Petite saynète pour vous que je compte mettre en images aussi!! J’espère que ça vous plaira! 

 

* * *

 

LORSQUE L’ÉCLAIR FRAPPAIT.

 

 

Une chambre.

Q est assis sur un lit. Mains sur les genoux. Dos droit.

 

Q : Je suis seul dans la chambre et j’attends que le temps passe. Il n’y a rien. Je suis complètement seul. La pluie tambourine contre la vitre. Elle fait un bruit sourd, un bruit de fantôme. J’aimerais pouvoir l’arrêter mais je ne peux pas. J’aimerais que le soleil brille mais il ne brille plus. J’aimerais (Il se coupe.)

(Silence)

J’aimerais pouvoir partir d’ici mais mon corps est cloué sur le lit. Je suis incapable de bouger. Je suis incapable de gigoter. Je suis seul dans la chambre et j’attends que le temps passe.

 

D entre soudainement dans la chambre.

 

D : Salut ! (D fait la bise à Q qui ne bouge pas.) Ca va ? Ca fait un bail !

(Silence. D ne bouge pas.)

D : Eh ? Ca va ?

(Silence. D ne bouge pas.)

D : Je te dérange… ?

(Silence. D ne bouge pas.)

D : Qu’est ce que tu fais ?

Q : Je suis seul dans la chambre et j’attends que le temps passe.

D : Certes…

Q : Je suis seul dans la chambre…

(Silence)

Q : … et j’attends que le temps passe.

D : Oui tu l’as déjà dit ça.

Q : Je suis seul dans

D (le coupant) : Oui, je sais, merci.

Q : la chambre et j’attends que la pluie passe.

: Et puis d’abord, t’es pas seul. Je suis là moi hein.

Q : Les pensées qui se bousculent dans ma tête sont semblables à des milliers d’aiguilles qui tournent et tournent dans le creux de l’univers comme un maelstrom insatiable de destruction.

D : T’es sur que ça va… ? Tu as bu ? Tu as fumé quelque chose ?

(Silence)

 

D s’approche au ralenti de Q. Alors que D est quasiment assis à côté de D, celui ci pousse un cri.

 

Q : Je me débats dans l’eau noire et je ne peux pas avancer. Je ne peux pas nager. Tout ce qui m’entoure va finir par m’engloutir et même si j’essaye de faire en sorte de ne pas mourir je sais que. Le zénith ayant atteint sa surface demain matin les oiseaux chanteront plus tôt mais. La pluie tambourine contre la vitre. Elle fait un bruit sourd, un bruit de fantôme.

: Tu as complètement pété un plomb…

Q : J’aimerais pouvoir l’arrêter mais je ne peux pas. J’aimerais que le soleil brille mais il ne brille plus.

D : Tu me fais peur…

Q : Je suis seul dans la chambre et j’attends que le temps passe.

D (paniqué) : Arrête ça ! Arrête ça ! Tu es complètement malade !

(s’emportant) : Je suis seul dans la chambre et j’attends que le temps passe. Je suis seul dans la chambre et j’attends que le temps passe. Je suis seul dans la chambre et j’attends que le temps passe. Je suis seul dans la chambre et j’attends que le temps passe.

D : MAIS TAIS-TOI ! TAIS-TOI PUTAIN DE MERDE ! TU VAS ME RENDRE DINGUE !

Q : Je suis seul dans la chambre et j’attends que le temps passe.

D : Je sais pas quelle saloperie tu as pu t’injecter mais c’est violent ! Je te laisse dans ton délire, moi je me barre ! Taré va !
D recule vers la porte avec un sourire nerveux, mais la porte est verrouillée. D tente alors de toutes ses forces de l’ouvrir, mais elle tient bon. Q bouge alors pour la toute première fois : il tourne la tête soudainement vers D et le regarde avec un sourire étrange. Q se crispe.

 

Noir.

 

Q et D sont assis sur le lit. Côte à côte. Mains posées sur les genoux. Dos droit.

 

Q et D : Nous sommes seuls dans la chambre et nous attendons que le temps passe.

 

 

 

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