Archive pour la Catégorie 'Morceaux de Vies'

Dialogue

Je ne veux donner aucune information concernant cette esquisse. Ce brouillon même. Je vous laisse imaginer. Appropriez-vous les mots! Je les pose, vous les altérez. Soyez le chef-d’orchestres, je suis le compositeur…

 

 

 * * * 

 » Il y a quelqu’un là ?
-Tu vois 
quelqu’un ?
-Non…
-Alors c’est qu’y a personne.
-Je peux m’asseoir…?
-C’est toi qui vois. Je suis pas ta mère.
-Tu bois pas ton jus…?
-Non. J’aime pas.
-Pourquoi avoir pris un jus alors?
-Pour changer. J’aurais pas dû. Tu peux le boire si tu veux.
-Non, merci… Je n’aime pas trop les jus de fruits, il sont trop acides, ça m’irrite la gorge et… Tu peins?
-Non. Je joue de la flûte à bec.
-Qu’est-ce-que tu peins?
-Les gens comme toi.
-Comme moi?
-Oui. Les gens perdus. Oubliés. Ceux qui se torturent l’esprit.
-J’ai l’air de me torturer l’esprit?
-Tu ne réponds que par des questions.
-C’est vrai… Pardon.
-Pourquoi tu t’excuses?
-Je ne sais pas…
-…
-Il est beau, ton sourire.
-Ah.
-Tu viens souvent ici?
-Non. Je me suis arrêtée ici par hasard. Je ne sais plus vraiment comment je suis arrivée là en fait. J’ai vu ce café et je me suis arrêtée. C’est un bon endroit pour observer les gens.
-C’est vrai, la vision est bonne! C’est joli ces pavés gris, ces arbres aux feuilles rousses, ces doux rayons de clarté blanche sur le sol humide…
-T’es un poète toi.
-C’est un compliment?
-Ca se pourrait.
-Merci alors…
-Tu accepterais que je te peigne?
-Je suis un bon modèle?
-Tu n’es pas trop mal.
-Alors si tu veux… Au fait, moi c’est-
-Non. C’est sans importance.
-Ah?
-Pour l’instant.

fall-street-autumn

États d’âme

Bonjour à tous! Me revoilà avec un petit texte qui date d’il y a à peu près… 3 mois. J’aimerais bien que vous me donniez vos avis, avant que je vous dise d’où il vient. C’est lui aussi un Morceau de Vie. :) Simple précision pour le futur, je vais sûrement commencer à poster une de mes fanfictions, voire plusieurs, si ça vous plait. En attendant, je vous laisse avec ce Morceau ! Enjoy!

* * *

    Je ne savais plus depuis combien de temps la voiture roulait, mais cela me semblait être une éternité.
    Peut-être même deux.
    Mon front tremblait sur le Plexiglas glacé, sous les soubresauts de la vieille Peugeot de mon père. Je n’avais pas vraiment compris pourquoi il avait insisté pour qu’on parte avec cette voiture alors que, comme disait Maman, « elle était n aussi bon état que la Tour de Pise ». C’est vrai que, et cela m’avait toujours paru assez étrange, la voiture semblait pencher vers l’avant, comme si deux de ses pneus étaient plus petits que les autres. Quoiqu’il en soit, nous étions une fois de plus tous réunis dans la Peugeot et je l’ennuyais à mourir. Dehors, la tempête faisait rage. La pluie tambourinait sur les fenêtres de la voiture, si fort qu’on aurait cru qu’elle allait les transpercer, comme un coup de poing dans un moment de colère. Le ciel était gris. Sans un seul rayon clair. Comme si la lumière avait disparu et que nous entamions lentement une descente vers les Enfers. Je pouvais apercevoir, si je regardais bien, les premiers épis des champs qui nous entouraient. Il n’y avait que des champs. Partout. Si bien qu’on aurait cru rouler en plein désert. Parfois, un arbre. Seul et tordu. Torturé par la tempête. Ses branches tourbillonnant comme si elles allaient se casser, aussi facilement que se briserait une allumette. Puis de nouveau des champs grisâtres. J’essayais vraiment de voir quelque chose, mais mes yeux, fatigués par tout ce gris, ne répondaient plus. Mes oreilles bourdonnaient. J’entendais au loin la voix de mes parents, comme s’il s’étaient trouvés à des centaines de mètres de moi. J’étais enfermée dans une bulle terne et sourde.

    Puis, soudain, mon oeil se fixa sur un point, au loin. Un point bleu. Je sentais que la voiture s’en approchait. Le point bleu devint de plus en plus grand, de plus en plus clair.
    Et je vis la mer.

Elle brillait, étincelait! Je voyais le soleil se refléter à sa surface. Il était là, avec la mer. Nous, nous étions toujours sous la pluie. Mais cela n’avait guère d’importance : je fixais la mer. Ce bleu, ce bleu si majestueux. Je me rappelais alors les vacances passées en son sein, avec mon cousin Xavier. Sous les soleil brûlant de midi. Je me souvenais de la fraicheur de l’eau translucide. Le sable clair qui nous enflammait les pieds lorsque nous escaladions les dunes. Le doux chant des grillons dans les herbes hautes, les voiles blanches des bateau qui dansaient au large… Tout n’était que quiétude et chaleur. 
    Mon coeur se mit à battre très vite, comme s’il courrait. En voyant cet océan azur au loin, je revoyais les mille couleurs des cerf-volants, je regoûtais aux douces saveurs des fruits remplis de leur jus sucré qui pétillait sur la langue. Alors je me sentis bien. Reposée. Pleine de ce soleil et de cette eau. Un sourire s’était formé sur mon visage. La mer se rapprochait. Bientôt, je pourrais voir la plage, les petits pavillons de bois qui borderaient la côte, les oiseaux blancs dans le ciel. Je sentirais l’odeur de la marée descendante et je remplirais mes poumons de ce air pur et salé. Je ferais éclater la bulle grise de pluie et de solitude qui me tien enfermée. Elle disparaîtra aussi rapidement qu’elle était apparue et me déposera sous le soleil.

    La voiture vira sur la gauche. Je perdis la mer. J’écrasais mon nez contre la vitre pour essayer de la retrouver. En vain. renouveau, des champs gris, la pluie, l’orage me faisaient face. Il n’y avait plus aucun signe de la beauté qui s’était déroulée devant les yeux durant tout ce temps. J’essayais péniblement de me retourner pour voir encore un fragment de ce bleu. Quelques secondes auraient suffit. Je me contorsionnais sur mon siège sans jamais rien apercevoir. Un brouillard obscur était tombé et entourait la Peugeot. Si épais que j’avais maintenant du mal à distinguer les voitures qui suivaient la nôtre. Alors voir la mer;.. Cela me semblait impossible. à dire la vérité, je n’étais même plus vraiment sûre de ce que j’avais vu. Mais mon souvenir tournoyait dans ma tête, et mon coeur n’avait pas arrêté de courir.

I can’t decide

Bon. Le texte qui va suivre est peut-être un touuut petit peu étrange. C’est en fait une traduction des paroles d’une chanson. Je vous explique. Il y a une chanson que j’adore qui m’a inspirée un dessin. Que j’ai fait. Ce dessin m’a ensuite donné envie de mettre les mots dessus. J’ai donc traduit et adapté les paroles de la chanson pour en faire un espèce de « Morceau de Vie ». Il faut savoir que le but de ce texte est de laisser au lecteur toute liberté d’imagination sur le ou les personnages (normalement les, mais chacun sa manière de voir la folie, puisque c’est le sujet), l’ambiance, le lieu, les actions etc… Je vais quand même mettre le dessin à la fin, que vous ayez aussi ma vision du personnage principal. Tout le reste est votre imagination. Il faut savoir que c’est une prise de parole en monologue. Je me suis beaucoup inspirée de la tirade de théâtre pour écrire ce texte, et c’est, je pense, plus un texte théâtral que romancier (et c’est aussi son but.). Je tiens à repréciser qu’il s’agit là d’une TRADUCTION et que j’ai essayé de rester le plus fidèle possible au texte original, ce qui explique les petites ambiguïtés dans la pertinence… Mais ça met en exergue (les intéressés comprendront) le fait de vous laisser la plus grande liberté possible quant à la compréhension et l’interprétation du texte. En espérant que ça vous plaise !! Et ne craignez rien si c’est un peu bizarre, j’aime les trucs d’horreur…

Le texte est inspiré de la chanson I Can’t Decide des Scissor Sisters.

   * * *

 

  Tu sais, ce n’est pas facile de passer du bon temps tout seul. Tout n’est que pari. Et il faut satisfaire les parieurs. Mais ça ne se conclue pas en 4 lettres ! Non ! C’est bien plus difficile ! 4 lettres, c’est comme… mort. Ou comme sexe. Oui ! Il faudrait que je te fasse l’amour et que je t’embrasse en même temps ! Oh, c’est une ancienne attention ! Que j’ai fini par oublier… Tellement ancienne que maintenant c’est mort et putréfié dans mon crâne de piaf. Eh ! N’ai pas peur ! Ce soir, je ne serai pas un gangster ! Non, non je ne veux pas être un mauvais type… Je suis juste… Un solitaire, chérie. Et maintenant que tu es passée en travers de mon chemin… Je ne peux pas décider si tu dois vivre ou mourir. Oh, tu iras probablement au Paradis. S’il te plait, ne nous prenons pas la tête ! Ne pleure pas… Ne me demande pas pourquoi mon coeur est mort à l’intérieur. Il est froid, et dur, et pétrifié. Verrouille la porte ! Et ferme les rideaux… Nous partons faire un tour !

  C’est idiot de vouloir convaincre les gens de t’apprécier, puisque l’on ne t’apprécie pas. Quoi ? Tu veux que je lâche ce couteau ? Ah ! Ah ! Oui, si j’arrête maintenant, tu peux me traiter de dégonflé…
  Tu sais, si les mensonges étaient des chats, tu serais une litière.

  Plaire à tout le monde, ce n’est pas pour toi. Tu n’es pas ce genre de personne. Je le vois. Allez, allez viens ! Dansons la gigue jusqu’à ce que je tombe ! Jusqu’à ce que tu tombes… Tu n’as pas la moindre chance : même après dix verres je ne suis pas saoul.

  Je dois bien avouer que tu as joué selon mes règles. J’ai besoin de la vérité pour me tromper. Eh ! Pas maintenant ! T’en pis pour toi. Tu m’as énervé. Non, je ne peux pas décider si tu dois vivre ou mourir ! Je sais que tu iras au Paradis. Je t’ai dit de ne pas pleurer. Allons faire un tour loin des soucis. Vivre ?! Ou mourir ? Oh, je pourrais te jeter dans un lac… ou t’offrir un gâteau d’anniversaire empoisonné ! Sèche tes larmes, j’ai une bonne nouvelle ! Je ne nie pas le fait que tu me manqueras quand tu seras partie. Oh !! Ou alors je pourrais t’enterrer vivante ! 

   Mais tu te glisseras doucement hors de ta tombe et, avec ce couteau, tu me tueras en me voyant dormir… Voilà pourquoi je ne peux pas décider si tu dois vivre ou mourir. Chérie, pleure pas : tu iras au Paradis. Je sais que mon cœur est froid, dur, et pétrifié… Verrouille la porte! Je ferme les rideaux… Allons faire un tour…

 

« I can’t decide, whether you should live or die. Oh, you’ll probably go to Heaven. Please don’t hang your head and cry. No wonder why my heart is dead inside. It’s cold and hard and petrified. Lock the doors and close the blinds… We’re going for a ride… »

Numériser

6 Lettres

Bonjour à tous! Voici un nouveau petit texte que j’ai écrit récemment et qui a été assez apprécié autour de moi. Je pense que je vais le retravailler, afin de l’affiner et de le rallonger mais je vous le montre déjà comme ça! :) Il est assez court pour l’instant. En espérant qu’il vous plaise! ;) N’oubliez pas de partager!

 

* * *

22 janvier 2014

 Voilà. Je vais passer ma toute première nuit en prison. J’encours 11 ans. Tout ça pour un stupide braquage que je n’ai même pas organisé. Il fait froid. Je suis seul dans cette cellule. J’ai l’impression qu’il m’ont fait cadeau de la plus sombre. Je ne vois quasiment rien, mais la Lune est haute. Son rayon arrive exactement sur cette feuille. Ils m’ont autorisé à garder un cahier. Je ne sais pas pourquoi j’ai eu ce privilège. Enfin privilège… je n’ai jamais aimé écrire. Mais peut-être que ça fera passer le temps. J’ai vraiment froid. Je vais essayer de dormir.

17 avril

  Ennui.
  Ennui ennui ennui.
  Il est pire que tout. Les jours passent si lentement que j’ai l’impression que je suis ici depuis des années. Comme je suis isolé, je ne peux voir personne. Les seules conversations que j’ai sont les trois mots que j’échange avec le gardien lorsqu’il me donne « la bouffe » à travers la trappe. Je vais devenir fou. Je pense à des milliers de choses à la fois. Mon cerveau me pèse presque. Je ne vois que du noir. Partout, du noir. Sur le sol, du noir ; sur les murs, du noir ; dans ma tête, du noir. Même leur soupe est noire. Je passe mes journée (mes journées…) allongé sur la paillasse rude ou à penser à des infamies. Où est la joie ? Joie. Ce n’est plus qu’un pauvre mot sans valeur, comme je suis un pauvre fou sans conscience.

 

24 mai 

  Alors que je regardais, pour la énième fois, l’un des quatre murs de ma cellule, j’ai découvert quelque chose d’étrange. Des mots. Non, pas des mots simplement alignés bêtement. Une phrase particulière. Elle était…jolie. Douce à l’oreille. Timidement coincée entre une gravure obscène et des initiales entourées d’une date. Elle disait : « Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville ». Je l’ai relue. Encore et encore. Sans pouvoir m’arrêter. Elle avait réveillé je-ne-sais-quoi en moi qui, pour la première fois depuis des mois, me fit esquisser un sourire. Je n’avais plus froid.

 

1er juin

   Je relis cette phrase tous les jours ! Elle me fait comme du bien. Je sais, c’est absurde, mais j’ai l’impression qu’elle a compris ce qu’il se passait dans mon cœur.

  

9 août

  Je suis sorti pour la première fois. Les gardiens ont dit que désormais, je mangerai à la cantine, avec les autres détenus ; mais je resterai seul dans ma cellule. Quand je suis entré dans le réfectoire, j’ai vu des dizaines d’yeux me dévisager de haut en bas. Les regards étaient tellement insistants que j’avais l’impression que tous essayaient de voir jusqu’au plus profond de mon âme. Je déteste ça. J’ai pensé à la Phrase du Mur (c’est comme ça que je l’appelle). Ca m’a fait oublié les gars. Je me suis assis, j’ai avalé ma soupe à l’eau hors de ma cellule, et je suis retourné lire la Phrase.

 

13 août  

  Aujourd’hui, j’ai rencontré Thomas. Il est tout petit et est encore plus maigre que nous tous. Il s’est assis en face de moi, sans un mot, et a bu doucement sa soupe. Je lui ai demandé son nom qu’il m’a révélé avec une voix d’enfant. On a parlé. Puis j’ai mentionné la Phrase du Mur. Il m’a dit que l’auteur s’appelait Verlaine et que c’était un poète. Il connaissait bien la poésie. Quand il parlait, j’avais l’impression qu’il comprenait ce sentiment qui avait germé en moi après la découverte de la Phrase du Mur. On a parlé, très longtemps, puis je suis retourné dans ma cellule. J’ai relu la Phrase. Encore. Et, pour la première fois, j’étais véritablement heureux.
24 août

  Grâce à Thomas, j’ai découvert quelque chose de fantastique. Il n’y a plus de noir, plus de tristesse. La cellule n’a pas changé. La « bouffe » non plus. Je suis toujours seul, mais un peu moins. J’ai l’impression de partager quelque chose. Voilà. La poésie se partage. Elle me permet des réflexions incroyables. C’est bizarre mais… il me semble que la vie, je veux dire, la vraie vie, n’est plus la même. Je m’évade. Je pars sur un nuage de mots mélodieux et j’oublie le reste.
  Thomas est formidable ! Il connaît tous les auteurs ! Il m’a expliqué le rôle de la poésie à travers le temps. C’est fou ! Je me sens renaître. Il a réussi à me donner un livre regroupant plusieurs poèmes. Je les ai lus, seul, dans la cellule. Je me tuerai plutôt que de l’avouer mais j’ai pleuré en lisant certains. Surtout un, de Guillaume Apollinaire. « À la Santé »… J’ai découvert la poésie. J’ai découvert la vie !

 

7 septembre

   Thomas m’a dit que je pouvais, moi aussi, écrire. J’ai essayé. Des bribes seulement, pour l’instant.

Etoile,
Brillante
Filante.
Comme une toile
Douce et lisse

Que l’on tisse
Avec des mots
Lumineux ; et beaux.

  Je sais que ce n’est pas très bon, mais ça me fait du bien. Les mots coulent sur la feuille. Je relis toujours la Phrase du Mur, et, chaque jour, je la vois différemment.

24 novembre

Les murs sont ternes et gris.
J’ai une croûte de pain, trois radis,
Un drap miteux et un cafard pour ami.
Mes ongles grattent la pierre.
Je suis seul, malgré mes prières.
Il y a un éclat de voix dans le couloir.
Non, c’est l’éclat d’une mâchoire
Sur le pavé
Noir.

  C’est Thomas qui m’a dit d’écrire ce que je ressentais. J’ai écrit mes pensées des premiers mois passés ici. C’est toujours pareil, mais c’est un peu mieux. La poésie est là. Elle chante. Parfois paisiblement, parfois avec une haine immense. Elle n’est jamais la même. Elle me sauve. Elle me retient à la surface. Comme Jean La Fontaine, elle me permet de dire des choses qui auraient été peu appréciées directement. J’écris tout le temps. Avec Thomas parfois.


21 janvier 2015

  Ça fera un an demain que je suis ici. Un an à broyer du noir dans une cellule humide et sombre. Ou plutôt six mois. Entre temps, ma vie a changé de rive. J’ai connu la joie.

  Je m’appelle Harry Easter, j’ai 26 ans, j’ai agressé et menacé plusieurs personnes, j’en ai tué deux, je suis classé en catégorie Tempérament Violent Voire Dangereux (TVVD), je suis un poète.

* * *

Petite explication du titre : 
J’ai hésité longtemps pour le titre (j’avais pensé à Journal d’un Condamné mais c’était trop proche d’un oeuvre célèbre) pour finalement me lancer dans 6 Lettres. Pourquoi? Car 6 lettres dans « prison » et 6 lettres dans « poésie ». :)

12



Littérature: poésies et ses... |
A Book Please |
Quidam |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | BIBLIOTHEQUE à Céder
| Lectureinfernale
| Un pour tous tous pour un