Poésie – Le Charbon, Les Abysses, Le Réglisse, Le Chapeau Melon – Noir

(Voici la deuxième partie, « Noir ». Écoutez la musique avec hein!! :D)

* * *

 

Le Charbon
(pour The Way We Ball by Lil Flip , remix de Crizzly)

 
Il dérape sous mes doigts
Il s’effrite
Son contact me picote
Mes mains deviennent moites

Des particules cassées, obscures,
S’envolent
Dans les airs alors qu’il gratte le papier

Je tousse
Le bout de mes doigts est recouvert de noirceur

Je sens le bruit anthracite qui frotte la feuille
Qui frotte dans mes oreilles
Qui frotte dans mon organisme

Tout devient noir lorsqu’il est mis en œuvre
L’air, la feuille, les doigts, les poumons
Le cœur

 

Poésie – Le Plafond, La Neige, Le Blanc d’oeuf et Le Brouillard – Blanc

(Tiens, un article)

Voici un quatuor de poèmes sur le thème du blanc, de l’invisible, et des banalités quotidiennes. (oui, tout ça réuni.) Chaque texte est associé à un morceau de musique qui sera indiqué sous le titre. Il est plus intéressant de les lire (à voix haute) avec les morceaux en fond sonore ! ;)
J’espère que ça vous plaira.

 

* * *

 

BLANC 

Le Plafond
(pour Lacrimosa de Mozart)

 

Il est tout blanc, immaculé
même
un peu jaunâtre
C’est la lumière qui fait cette impression.
Il y a une plaie, une fine plaie au milieu du désert
la peinture se décolle.

Une trace plus sombre lui fait face comme étalée sur la surface
de façon précipitée
je crois
que ce sont les restes délaissés de ce qui a dû être un insecte
écrasés dans un instant
de dégoût.

Il me regarde
et je suis allongée
juste en face de lui
loin
Si je me levais, je pourrais l’apercevoir de plus près.
Mais alors ses particules particulières deviendraient imperceptibles
pour ma pupille embuée.

 Je reste allongée.

  Lire la suite de ‘Poésie – Le Plafond, La Neige, Le Blanc d’oeuf et Le Brouillard – Blanc’

Window

Me revoilà dans la création d’un texte. De théâtre cette fois. Oui, je tente un peu tout. Après tout c’est en forgeant qu’on devient forgeron donc… Une (très) courte saynète qui m’est venue un jour, comme ça. Voilà. J’espère que ça vous plaira.

 * * *

 

  La pièce est entièrement vide, sauf un escalier de quelques marches au fond, qui monte vers une petite fenêtre carrée. Un homme (Jack) est couché sur le sol, dos au public, immobile. Il est complètement vêtu de noir. Des bruits sourds retentissent depuis l’ouverture du rideau. Puis tout s’arrête.
 Jack remue, s’assied et ouvre les yeux. Il regarde autour de lui, éperdu. Il se lève et se met à courir à travers la pièce. Il appelle.

 

JACK. – Hé ! Hého ! Il y a quelqu’un ? Hé !

Il monte les escaliers, tente d’ouvrir la fenêtre. Elle est fermée.

JACK. – Qu’est-ce que… ? Hé ! A l’aide !! Je suis enfermé ! Hého !!
Merde ! Mais c’est quoi cet endroit !? Qu’est-ce qu’il m’arrive ? Pourquoi ? Pourquoi je suis là ! Hé ! Vous ! (il s’adresse au plafond, comme s’il y avait une caméra. Il n’y en a pas.) Si vous m’entendez, laissez-moi partir !! Qu’est ce que je vous ai fait ? Salauds ! Laissez-moi ! Hého !

Jack tape sur les murs, court dans tous les sens. Il finit par se calmer. Il s’assied au sol, au centre de la scène.

JACK. – Qu’est ce c’est que ça… ? Qu’est ce que vous me voulez ? Pourquoi… Merde… Je comprends rien… Hé ! S’il vous plait, quelqu’un, aidez moi…

Il enfouis son visage dans ses mains. Une jeune fille (Ée) apparaît alors au fond de la scène. Elle a les cheveux attachés et une robe blanche.

ÉE. – Ca va ?

Jack se lève brusquement et se retourne vers la jeune fille.

JACK. – Qui es-tu ? Qu’est-ce que tu me veux ?
ÉE. – N’aie pas peur.
JACK. – Je n’ai pas peur. Je te demande ce que tu veux ! T’es qui ? Tu fais parti de leur gang ? Pourquoi ils m’ont enfermé ici ?
ÉE. – Je ne sais pas Jack.
JACK. – Tu mens !

Il se jette sur elle. Elle l’évite de justesse. Jack tombe à la renverse, tandis que Ée se dirige de l’autre côté de la scène, afin de s’éloigner de Jack.

ÉE. – Arrête de crier, je t’ai dit que je ne savais pas. Et arrête de te mettre dans des états pareils, tu vas te faire mal.
JACK. – Je n’ai pas d’ordres à recevoir de toi ! Qui es-tu ?
ÉE. – Ée.
JACK. – Hein ?
ÉE. – Ée.
JACK. – Et quoi ?
ÉE. – Ée. Je m’appelle Ée.
JACK. – Ée ? Mais ce n’est pas un prénom ça !
ÉE. – Bien sûr que si, puisque c’est le mien.
JACK. – Comment es-tu arrivée ici ?
ÉE. – C’est toi qui m’as appelée.
JACK. – Je n’ai appelé personne !
ÉE. – Si ! Tu n’arrêtais pas de crier « Ée ! Éééée ! » Alors je suis venue.
JACK. – Je ne comprends pas… (Il s’assied)
ÉE. – Il n’y a rien à comprendre, je suis venue, c’est tout.

JACK. – Tu sais quel est cet endroit ?
ÉE. – (Elle regarde autour d’elle) Ca ressemble à une cellule de prison non ? Il y a une lucarne regarde !
JACK. – Je ne suis pas aveugle !
ÉE. – Je t’ai dit d’arrêter de crier. Te déchirer les cordes vocales ne va pas te faire sortir d’ici.
JACK. – Pourquoi faut-il que je sois coincé ici avec quelqu’un d’aussi pénible que toi !?
ÉE. – Tu n’es pas très positif…
JACK. – Je vois mal comment je pourrais être positif alors que je suis enfermé ici et qu’il n’y a aucun échappatoire.
ÉE. – Tu vois le mal partout ! Cherche le bon côté des choses : il y a une fenêtre où tu peux voir les nuages voler.
JACK. – Regarder le ciel ne fera que me rappeler ma captivité. Le soleil me narguera de sa liberté. Non je suis contraint à demeurer entre ces quatre murs, Dieu sait pour combien de temps.
ÉE. – Mais moi je suis là !
JACK. – Toi tu n’es qu’une plaie de plus.

ÉE. – Ca c’est méchant.
JACK. – Je déteste tout le monde.
ÉE. – Même ta famille ?
JACK. – Tout le monde ! Compris ?
ÉE. – Pourquoi ?
JACK. – Ils m’ont toujours rejeté. Tout le monde ma toujours rejeté.
ÉE. – Là c’est toi qui rejettes tout le monde.
JACK. – Parce que maintenant, c’est fini. J’abandonne. Ils ne me veulent pas ? Eh bien tant mieux ! Je laisse tomber.
ÉE. – C’est lâche.
JACK. – Je ne te demande pas ton avis. Et je préfère la solitude.
ÉE. – Pourtant tu ne t’es pas arrêté de me parler depuis tout à l’heure…
JACK. – Oui et c’était une erreur ! Laisse moi tranquille !

Il s’écarte et va s’asseoir sur un bout de scène. Silence. Ée le regarde un moment, marche autour de la pièce comme si elle visitait l’endroit et monte sur les marches au fond de la scène. Elle regarde le dos de Jack qui est face public. Elle chantonne doucement.

JACK. – Qu’est-ce que tu fais ?
ÉE. – Tu ne veux pas que je parle, alors je chante.

Il ne répond pas. Elle continue à chanter, plus fort.

JACK. – C’est beau. Qu’est-ce que ça veut dire ?
ÉE. – Je ne sais pas, mais j’aimais bien la mélodie.
JACK. – C’est stupide.
ÉE. – Qu’est-ce qui est stupide ?
JACK. – De chanter dans une langue que tu ne comprends même pas, c’est stupide.
ÉE. – Je ne vois pas pourquoi.
JACK. – S’il y a des paroles dans une chanson, c’est qu’elles ne sont pas là par hasard, elles servent à quelque chose. Elles expriment quelque chose.
ÉE. – Et si j’ai envie de leur faire dire ce que je veux ?
JACK. – Eh bien c’est stupide.
ÉE. – Tu l’as déjà dit.
JACK. – Tu es insupportable ! Laisse-moi !
ÉE. – C’est toi qui es revenu me parler Jack.
JACK. – C’est la deuxième fois que tu m’appelles Jack. Je ne me rappelle pas t’avoir dit mon nom. Comment sais-tu qui je suis ?
ÉE. – Voyons ? Tu ne sais pas ?
JACK. – Puisque je te le demande.
ÉE. – Tu n’as vraiment aucune idée ?
JACK. – Cesse de tourner autour du pot comme ça, c’est agaçant.
ÉE. – Je ne tourne pas autour du pot. C’est toi qui ne trouves pas.
JACK. – Comment veux-tu que je le sache ? Je ne sais même pas qui tu es !
ÉE. – Eh…
JACK. – Ton nom, d’accord, tu me l’as dit, mais-
ÉE. – Non, pas Ée. Eh. Regarde.
JACK. – Quoi ?
ÉE. – Là.

Elle montre la lucarne du doigt. Jack lève la tête. Il n’y a rien. Pourtant, Ée s’agite, sourit. Jack regarde plus attentivement. Il n’y a toujours rien.

JACK. – Je ne vois rien.
ÉE. – Exactement.
JACK. – Pardon ?
ÉE. – Tu ne vois rien parce que tu ne veux pas voir. Tu ne veux pas croire.
JACK. – Ah non. Non, non, je ne veux pas de ce genre d’affirmations toute préconçues et stéréotypées qu’on entend partout et qui n’ont ni queue ni tête ! Non, je refuse de croire à tout ça ! « Tu ne veux pas voir, tu ne veux pas croire, écoute ton cœur, etc. » Tout y passe ! L’âme, la foi, la croyance, la fidélité, l’esprit, la bêtise parfois ! Mais… Mais ce n’est pas ça la vie ! La vie, ce n’est pas une suite de belles paroles jetées en l’air comme des ballons de baudruche ! La vie, c’est dur, c’est froid, c’est concret. C’est réel ! C’est ça la vie ! (se moquant) Pas un conte de fée ou l’histoire se termine par une morale niaise faisant l’éloge de « l’écoute de soi » et de « suivre son destin malgré le danger ».  Non, la vie c’est cruel, et ça se termine par un long râle avant l’obscurité éternelle. Ca c’est la vie ! Ca c’est la réalité ! Ca, c’est réel, comme toi et moi ! Comme le fait que je sois coincé ici avec la fille la plus demeurée et agaçante que la Terre aie portée !
ÉE. – Mais moi je ne suis pas réelle.
JACK. – Je te demande pardon ?
ÉE. – Je ne suis pas réelle.
JACK. – Oh ça suffit tes bêtises et tes métaphores clichées ! Bien sûr que tu es réelle, tu es là, devant moi. Arrête de jouer à ce petit jeu où je vais vraiment m’énerver.
ÉE. – Jack… Je ne suis pas réelle.
JACK. – (Hurlant.) C’est fini oui ? Laisse moi maintenant ! Amuse toi avec tes âneries si ça t’amuse, mais moi, j’ai passé l’âge des histoires pour enfants ! Je suis un adulte responsable ! Va rêver ailleurs. Laisse moi. (Il s’éloigne et va s’asseoir à l’autre bout de la scène, au bord, les jambes dans le vide, face au public.)
Silence.
Ée se retourne dos au public.

ÉE. – Jack.

Silence.

ÉE. – Jack. Pourquoi tu ne veux pas l’accepter ? Jack. Tu le sais. Arrête d’avoir peur. Tu sais très bien qui je suis. Tu es obligé de le savoir, puisque tu m’as inventée.
JACK. – Qu’est-ce que tu dis ?
ÉE. – Tu m’as inventée. Je n’existe pas vraiment. Je ne suis que le fruit de ton imagination, tu le sais bien.
JACK. – Je ne comprends pas.
ÉE. – (S’éloignant vers le fond de la scène qui se sera éteint doucement auparavant, laissant l’arrière scène dans le noir de façon à ce que seul Jack en avant-scène soit visible.) Je ne suis qu’une voix Jack. Pas un corps, pas un caractère, pas une personnalité. Je ne suis qu’une voix dans ta tête. (Ée s’éloigne complètement et disparaît.)

Un temps.

JACK. – Je ne comprends pas.

Silence.

JACK. – Ée ? Explique-toi, s’il te plait. Ée ?

Il se retourne, se lève, l’appelle, la cherche. Elle n’est plus là.
La lucarne s’illumine soudainement, formant un carré bleu dans le fond noir. Jack se retourne et se dirige vers la lucarne, dans le noir. On ne le voit plus. Il monte les escaliers et sa silhouette arrive devant la lucarne, comme une ombre chinoise. Il se penche comme pour ramasser quelque chose. Le bleu de la fenêtre disparaît. Puis il redescends les escaliers et se rapproche doucement vers la lumière en avant scène, d’un pas lent, regardant ses mains. Il tient un revolver.

JACK. – C’est toi qui m’a laissé ça Ée ? Il n’était pas là tout à l’heure. Ée, c’est toi hein ? C’est forcément toi. J’imagine peut-être des voix, mais je ne suis pas fou. Du moins je crois. Non, je ne suis pas fou. Je suis avocat, je ne suis pas fou. Je suis intelligent et je sais plein de choses.
ÉE. – (Voix off) Que des idioties.
JACK. – Non ! Non pas d’idioties. Je suis avocat. Je suis avocat. Arrête. Arrête. Une seule balle. Il n’y a qu’une seule balle. Elle est pour moi, c’est ça ? Ou alors elle est pour toi. Ou alors elle est pour celui qui me tient enfermé ici. Hein ? Pour qui est celle balle ? Quel crâne doit-elle transpercer ? Quelle cervelle doit-elle exploser ? (Il pose le revolver contre sa tempe.) La mienne ? La mienne. Oui. Il n’y a que moi. Ée n’existe pas n’est-ce pas ? Alors elle est pour moi.

La lucarne se rallume de nouveau, rouge cette fois. Jack se retourne et regarde la lucarne. Il vise la vitre. Il tire.
Un long temps.
Il se dirige vers la fenêtre, monte les escaliers. A l’aide du manche du revolver il brise la vitre. Il se retourne vers le public. Lumière sur son visage. Il se retourne vers la lucarne, escalade le cadre de la fenêtre, saute de l’autre côté.

NOIR.

Guess the song #1

Nouvelle idée, après avoir écrit le texte qui reprend I Can’t Decide des Scissor Sisters je me suis dit que en fait ça me plaisait pas mal. Alors j’ai pensé à un nouveau projet. Des Guess the Song. Devine la Chanson. Des traductions de chansons que j’aime bien, que je remodèle à ma façon pour avoir un texte plus… « écrit » :3
À vous de deviner la chanson qui suit. :3 (On commence simple.)

PS : Puisque la chanson est « remodelée » à ma manière, il y a de nombreuses phrases qui sont ajoutées (mais jamais enlevées) ou reformulées. Mais l’idée principale reste là, et je fais mon possible pour que le refrain soit aussi clair que possible pour que ce ne soit pas trop dur. Ici, nous avons le premier couplet et le refrain. Good luck! 

 

* * *

 

Je suis  assis sur un banc un peu sale. Au milieu du parc. Seul.
Tout autour de moi il y a des visages familiers. Ceux qu’on croise à chaque coin de rue. Il y a des lieux délabrés, usés, qui craquent de partout. Gris. Il y a des visages éreintés qui sourient, fiers d’être en avance pour leurs courses quotidiennes. Où vont-ils réellement ? Ils ne vont nulle part. Nulle part. 
Leurs larmes coulent et remplissent les verres embués de leurs lunettes. Ils disent que ce n’est rien, que c’est le froid qui fait ça, que tout va bien. Ils n’ont aucune expression. Leur coeur pleure et leur visage dort. Sans expression. Sans expression.
Moi je cache ma tête sous ma capuche. Je tente de noyer mon chagrin, comme ils le font, eux. Moi je suis sans avenir. Sans futur.
Et je trouve ça un peu drôle, et un peu triste à la fois. Je fais des rêves en ce moment. et les rêves dans lesquels je meurs sont les plus beaux que je n’ai jamais faits… Je trouve ça dur à avouer. Dur à supporter aussi. Quand les gens tournent en rond, sans s’arrêter, sans but, c’est un véritable monde de fou.
Un monde de fous.

1234



Littérature: poésies et ses... |
A Book Please |
Quidam |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | BIBLIOTHEQUE à Céder
| Lectureinfernale
| Un pour tous tous pour un